Aller au contenu principal

Nos projets

Rencontre avec la présidente d’Emmaüs Côté d’Azur

Christiane Roussel est la présidente de la communauté Emmaüs Côte d’Azur. Nous l’avons rencontrée afin de comprendre le rôle de la boutique de Mouans-Sartoux au sein de la communauté et l’importance du projet d’achat par la foncière du mouvement, Emmaüs Epargne Solidaire.

Pouvez-vous nous raconter l’origine de la boutique de Mouans-Sartoux ?

Après quelques années difficiles sur le plan financier, une longue réflexion collective a conduit la communauté en 2018 à la décision d’ouvrir une 2e boutique. Depuis 1956, elle est implantée à Saint-André-de-la-Roche et nous avons décidé d’étendre l’activité à l’ouest du département, où nous n’étions pas présents. Cela s’est fait il y a trois ans à Mouans-Sartoux, où le maire de l’époque était très content de nous accueillir. Depuis, elle est devenue essentielle pour nous dans notre fonctionnement, et pour notre équilibre financier.

En quoi l’activité générée par la boutique de Mouans-Sartoux est-elle si importante pour la communauté que vous présidez ?

Cette boutique, comme toutes celles qui existent partout en France, est au service du projet social et solidaire historique d’Emmaüs. Nous récupérons et réemployons des objets, des bijoux ou des vêtements qui sont ensuite revendus. Cela permet ensuite de disposer des moyens pour accueillir des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion de façon inconditionnelle, dans l’esprit initié par l’abbé Pierre. Nous sommes passés de 36 à 42 compagnons. Ainsi, six personnes supplémentaires ont pu ainsi être accueillies à la communauté et quitter la rue, ou l’endroit où ils vivaient qui n’était pas adapté à un mode de vie décent.

Pourquoi avez-vous décidé de déposer une candidature auprès d’Emmaüs Epargne Solidaire ?

Nous étions locataires de la boutique et le propriétaire avait annoncé son intention de vendre le local. Ça nous paraissait compliqué de se positionner pour acheter le local par nos propres moyens. Dans notre région, les prix ont atteint des sommets avec la pression immobilière. On avait rencontré deux banques avec lesquelles il était question d’un accompagnement, qui n’aurait peut-être pas été la hauteur du prix de vente. L’opération était beaucoup plus accessible à la foncière d’Emmaüs, qui va notamment faire appel à une collecte d’épargne solidaire. Emmaüs Epargne Solidaire sera donc propriétaire, et nous en resterons locataire.

Qu’est-ce que cela va changer pour vous ?

Beaucoup de choses ! Après l’achat du local par la foncière, notre loyer va significativement baisser. Cette économie sur le loyer de la boutique sera autant d’argent que l’on pourra consacrer à nos projets solidaires et à l’amélioration des conditions de vie des compagnons.

Que pensez-vous de la création de la foncière au sein du Mouvement Emmaüs ?

C’est une excellente nouvelle. Dans notre région comme dans beaucoup d’autres, la pression immobilière est telle que les locaux d’activité, pourtant indispensables, risquent de devenir de plus en plus difficile d’accès pour les structures Emmaüs, voire même pour les conserver. Grâce à la collecte d’épargne solidaire, la foncière est un nouveau moyen de donner du sens à son argent pour les personnes qui le veulent.